Black Angel

Après la nouvelle, le roman auto-publié, écrit il y a bien trois ans de cela.

Black Angel, une histoire découpée en deux tomes, question de faciliter l’édition.

Ce qui suit sont les premières pages du tome 1. Bonne lecture ;)

•••••••••

Chapitre 1

« Kita ! Bouge-toi, on va être en retard ! »
— Hum…
J’ai ouvert un oeil pour lire l’heure de mon vieux réveil qui, une fois de plus, avait refusé de sonner. J’étais bien emmitouflée dans mes draps quand j’ai vu le post-it que j’avais collé à côté de cette stupide machine à ressort.
— Merde !
Ça m’a fait l’effet d’une douche froide. C’était le jour J et je n’avais même pas encore fait mes ablutions.
— Fais chier ! M ! T’aurais pu me le dire avant !
J’ai entendu son rire à travers la porte de ma chambre et j’ai foncé sous le ridicule jet d’eau. Ce dernier était glacial.
— C’est pas vrai ! Est-ce que quelqu’un pourrait penser à réparer cette putain de chaudière un de ces jours ?!
Je suis sortie de la pièce complètement gelée, mais revigorée pour la journée. Seule note heureuse, j’avais eu la présence d’esprit de préparer mes affaires la veille et cela ne m’a pas pris longtemps pour m’habiller.

— Pfff, la tête…
J’ai soupiré en me découvrant dans la glace fendue qui me servait de miroir, collée sur la porte de mon armoire. J’avais de ces poches sous les yeux ! Sans compter cette serpillière noire qui me servait de chevelure. Il était grand temps que je passe chez le coiffeur avant que je ne finisse par ne plus me reconnaître.

— Diego a déjà jeté un coup d’œil, me répondit Julia lorsque je suis sortie pour la retrouver dans le couloir, à peine plus fraîche que moi, il a commandé la pièce à changer mais tu connais les livreurs…on a encore le temps d’attraper une pneumonie.
J’ai eu du mal à retenir un soupir d’agacement. On pouvait deviner que l’ancien hôtel ”Alpha” transformé en pension pour les étudiants, était un vieux bâtiment qui avait connu la guerre du nouveau millénaire et la dépression qui avait découlé. Il en portait d’ailleurs encore les cicatrices.

Diego et Palma, le couple de propriétaire, faisait ce qu’il pouvait pour le maintenir debout mais la peinture des murs tombait en morceau, la plomberie sautait tous les quatre matins et il y avait plus de courants d’airs que dans une volière. Mais il faisait très chaud en cette période de l’année et toutes les brises d’air étaient les bienvenues.

A l’époque, je vivais dans la chambre qui tenait le numéro 12. Ce n’était pas la meilleure mais mon lavabo n’avait pas encore explosé, ce qui m’arrangeait bien personnellement.
— Et qui c’est qu’on attend encore ? railla une voix rieuse quand nous sommes entrées dans la pièce qui servait de salle à manger, les filles, évidemment !
J’ai poussé un grognement significatif en attrapant une chaise pour m’y installer, et M a continué de rire en me versant un grand verre de jus d’orange. Il faisait exprès de me narguer avec ses remarques machistes car il savait parfaitement que cela m’agaçait. Yuji lui, se contenta de sourire et avala une gorgée de son verre avant que Julia ne vienne l’embrasser.
— Prête ? me demanda Diego en me saluant d’un geste du menton.
— Hum…on va dire que oui. De toute façon, je ne peux plus rien lire sans risquer de faire une overdose. J’ai tellement révisé que je ne me souviens de rien.

Julia acquiesça en venant s’asseoir à mes côtés et plongea sa main dans le panier de tartines.
— Vivement que ça se termine, déclara-t-elle d’une mine lasse, que l’on sache si on repique ou si on doit chercher du boulot. J’en ai assez de me retrouver coincé par un temps pareil !
J’ai levé les yeux en direction des fenêtres qui couvraient tout un pan du mur et qui donnaient sur l’ancienne cour condamnée. C’est vrai que le ciel était parfaitement dégagé et malgré l’heure, il commençait déjà à faire lourd. Le réchauffement de la planète n’était plus une simple plaisanterie et chaque été était de plus en plus chaud, voir torride. Ce jour-là, nous frôlerions sans doute les 35-38 degrés autour de l’heure du midi. Et encore, ce n’était pas la journée la plus lourde de la semaine…
— Allez go ! Faut vraiment qu’on se bouge. On a encore le tramway à prendre.
Nous nous sommes difficilement arrachés, grâce au manque de motivation et je suis allée chercher mon sac contenant toutes mes affaires.

J’avais travaillé pendant plus de trois ans pour cette journée et je ne savais pas du tout comment ça allait se passer. En plus, nous devions nous rendre à l’université française, et nous y étions sans doute pas les bienvenus.
— Who ! Vous avez pris votre crème solaire, j’espère ?
J’ai froncé du nez lorsque nous avons quitté la pension. M a levé la tête et s’est caché les yeux sous une main. Les rayons étaient vraiment perçants. Il fallait vraiment que je pense à m’acheter une paire de lunette de soleil après être passée chez le coiffeur. La précédente avait mystérieusement disparu l’année dernière.
— Je veux pas y aller…grommela Julia en faisant un caprice d’enfant, j’ai un mauvais pressentiment.
— Oh tais-toi, répondit M sur le même ton, tu veux nous démoraliser ?

Nous avons slalomé entre les énormes tuyaux qui menaient les ordures du centre vers la périphérie et j’ai traversé plusieurs ponts de pierre qui surplombaient les étangs d’eau formés au fur et à mesure du siècle à cause de la fonte des glaces.

La ville n’a pas été surnommée ”la petite Venise” pour rien. Nous vivions entre les canaux et les bâtiments construits à la va-vite après la guerre. On pouvait deviner selon les bâtisses et leurs tenues quels étaient les quartiers huppés de l’époque et les plus mornes. Aujourd’hui, les plus riches étaient carrément trop claquants et les bidonvilles étaient parcourus par les rats, les chats et les chiens sauvages. Heureusement pour nous, nous vivions dans une résidence qui se trouvait justement entre ces deux extrémités. Ni trop riche, vu l’état de la chaudière, ni trop pauvre car Palma détestait les rats. Elle mettait un point d’honneur à nettoyer tout de fond en comble, au risque de nous faire déraper dans ses couloirs lavés à blanc.
— Allez, tout le monde descend.

Rétroliens

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.