Premier extrait proposé.
Le style ? SteamPunk. Une introduction jetée comme un exercice. Les choses ne sont pas encore posées, mais peuvent se préciser par la suite.
Bonne lecture ^^ (Je rappelle que la mise en page présentée ici est reformatée pour le site )
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Ex Humana
Nuit sur New Réalidad.
Alors que la lune veille sur la capitale, une calèche traverse la place de pierre en faisant résonner les sabots des chevaux parfaitement calmes dans le silence quasi-parfait de la ville.
Soudain, une voiture déboule et brise cette aura de tranquillité devenue si rare avec l’expansion de plus en plus importante de ces engins de malheur, avec un moteur crachant sa hargne de manière des plus désagréables et des plus bruyantes.
- Who !
Les montures s’affolèrent avant d’être rappelées à l’ordre par leur meneur qui tira violemment les rennes afin de détourner sa calèche de la route déjà écrasée par les roues du véhicule qui fila comme le vent sans se soucier davantage des ravages qu’il aurait pu provoquer sur son chemin.
- Saleté de bourge !
Le cocher montra du poing puis descendit pour rassurer ses animaux. Heureusement qu’il roulait à vide !
La voiture continua de rouler à tombeau ouvert jusqu’à un quartier résidentiel où les demeures à jardin et colonnades remplacèrent les appartements récemment construits afin d’héberger les nombreux ouvriers venus en ville pour aider aux chantiers de rénovation qui se faisaient légion depuis le début de cette nouvelle ère de paix.
Une grille en fer forgé s’ouvrit en deux. La voiture traversa un tracé de gravier entouré de centaines de rosier en fleur, puis se stabilisa devant les marches de marbre. Un homme en descendit pour ouvrir la portière. Une femme jaillit du véhicule, lunettes sombres sur le nez et foulard autour de la tête. Elle dépassa le jeune homme venu l’accueillir et entra directement à l’intérieur sans jamais se retourner.
« Enfin »
Mary-Anne baissa sa paire de jumelles. Cela faisait des heures qu’elle patientait sous ce saule, assise sur sa moto. Elle avait mal aux fesses mais sa patience avait payé : la garce était rentrée.
Elle attrapa le sac qui ne la quittait jamais et s’élança à travers les rosiers en gardant la tête baissée. Elle se faufila sous les arcades magnifiquement sculptées et tendit le cou. L’employé rentré, le champ était libre.
« Allez ! »
Elle ouvrit son sac et lança le grappin droit vers le balcon qui fit mouche dès le premier envoi. Elle grimpa facilement jusqu’à sa cible, à savoir la fenêtre supérieure qui menait au bureau de la folle du volant et reprit son bien en gardant toujours un œil derrière elle.
Soudain, la lumière éclata.
« Merde ! »
Elle s’écrasa contre le mur, le souffle court. La maîtresse de maison entra dans la pièce, retira ses lunettes et jeta son foulard sur le fauteuil voisin avant de sortir une bouteille de Scotch. Mary-Anne fronça du nez lorsqu’elle la vit avaler une gorgée assez lourde pour assommer un éléphant. Elle buvait toujours autant…mais cela ne l’empêcha pas d’allumer un cigare et d’en cracher la fumée en regardant le plafond. Mary-Anne souffla : elle savait qu’elle aurait dû faire son travail en l’absence de cette bonne femme, mais la tentation était trop forte ! Elle devait agir pendant que l’autre se pavanait dans le luxe et l’oisiveté la plus révoltante. Le choc en serait d’autant plus grand !
Quelqu’un frappa à la porte. La conductrice s’en alla ouvrir, verre et cigare à la main. Mary-Anne fronça les sourcils avant d’écarquiller les yeux : le sénateur Recomany !
« Elle est folle ! »
Ce grand homme à moustache fine, aux cheveux laqués et au regard de rapace était un politicien connu pour ses liens avec le Concile, cette organisation étrangère – disait-on – qui possédait des moyens de pression innombrables sur les différents gouvernements européens, sans oublier de l’argent à ne plus savoir qu’en faire mais dont on ignorait toujours la provenance. Mary-Anne flirtant elle-même avec les limites de la loi avait tout entendu sur ces gens et voir sa cible en compagnie avec cet homme changeait considérablement la donne.
« Elle est encore plus pourrie que je ne le pens…mais ! »
Elle sursauta quand le sénateur attrapa brusquement la conductrice par le cou et la jeta contre le bureau. L’homme leva le nez et la vit. Stupéfaite par la scène, la jeune femme avait oublié de se cacher.
« Mauvaise idée ! »
L’homme cria quelque chose. La porte du bureau s’ouvrit sur deux gros bras en costume noir. Mary-Anne comprit qu’elle avait mal choisi son jour quand une arme apparut. Elle se jeta par-delà le balcon : les balles fusèrent à travers la fenêtre. Elle roula dans l’herbe en parvenant à se rétablir sans trop de mal puis prit les jambes à son cou.
- Attrapez-la !
Elle se dirigea droit vers sa moto quand des tirs retentirent. Elle cria lorsque son bras se mit à la brûler et trébucha sous l’effet de la douleur. Trois hommes se dessinèrent à quelques mètres à peine, tous les trois armés et prêts à la descendre. Elle jura en se redressant. Elle devait à tout prix rejoindre son deux-roues !
Voyant qu’elle allait prendre la route, ses agresseurs firent demi-tour et grimpèrent dans une voiture rutilante dont il ne fallut que quelques secondes pour mettre le moteur en route. Mary-Anne jura quand elle eut du mal à démarrer. Enfin, elle put se dégager des racines du saule et prendre de la distance. Mais la voiture allait vite. Quand la route parfaitement goudronnée disparut pour laisser place à un vulgaire sentier de terre, la jeune femme eut du mal à se stabiliser, poussée par l’adrénaline.
La voiture se rapprocha rapidement. Elle vit la lumière des phares l’engloutir et accéléra furieusement. Le cauchemar continua quand une autre voiture entra dans la danse, parfaitement innocente mais excellente spectatrice de la course poursuite qui s’était engagée quelques minutes auparavant.
- NON !
Éblouie par les phares de la nouvelle venue, Mary-Anne écrasa le frein pour éviter de lui rentrer dedans. Sa roue avant entra dans un nid de poule. Elle se vit perdre le contrôle et passer littéralement au-dessus du capot avant de s’écraser lourdement de l’autre côté. La douleur lui coupa le souffle. La seconde voiture s’arrêta aussitôt en coupant la route à ses poursuivants. La jeune femme perçut des coups de feu mais elle n’était plus sûre de rien car son horizon se brouillait. Les étoiles, magnifiques en cette soirée d’été, disparurent peu à peu de son horizon.
Quand les tirs cessèrent, elle avait déjà perdu connaissance.