Dooonnnc voilà, après avoir passé mes vacances à écrire, j’ai terminé la suite d’un roman écrit il y a peu. J’ai toujours eu beaucoup de mal à réinventer une intrigue avec un univers déjà écrit. Ce qui me plait dans la construction d’un monde et des personnages, c’est justement le côté “création” sorti tout droit du néant, et cela vient un peu à manquer lorsque le tout est déjà écrit. Ou du moins la base …
Pourtant, j’ai réussi ! Ça peut paraitre très simple pour vous lecteurs, mais personnellement, c’est un vrai bond en avant pour l’auteur amateur que je suis. (“Auteure amatrice”, ça passe moins…) et j’ai découvert d’autres faces de l’écriture en tentant cette expérience. Après, je manque forcément de recul, mais intérieurement, je suis fière de moi :p (Oui des fleurs s’il vous plait !)
De plus, pour ajouter à la note, j’avais pris pour mauvaise habitude de présenter mon texte ou du moins en parler à quelqu’un avant que ce dernier soit terminé. Cela me mettait un peu de pression, mais aussi me forçait plus ou moins à le finir. Cette fois-ci, niet, personne ne connait cet univers ! (A part ma moman, mais elle ne l’a pas lu donc…C’est de l’exclu totale !)
Pour vous présenter les choses, voici les premières pages du…tome 1, intitulé “Le trône de la Citadelle“. N’hésitez surtout pas pour me dire ce que vous en pensez car c’est une drôle d’expérience pour moi.
En vous souhaitant une bonne lecture
*************
Le trône de la Citadelle
_Grand-père, grand-père ! Regarde, on voit la tour d’Azur !
Le jeune Titien sortit la tête et tendit le bras en dehors de la calèche. Le vent de la course lui fouetta le visage jusqu’à ce que Vivien le rattrape par le fond du pantalon pour le tirer vers l’intérieur.
_T’es pas bien, hé ! Tu veux qu’on t’arrache la tête ?
Le jeune garçon se retrouva assis sur le fauteuil de cuir, légèrement sonné et secoué par la balance des chevaux qui battaient la pierre.
_Mais on voit la tour…geignit-il en tirant sur ses bretelles.
_On va la voir, la tour ! Et de près, alors reste assis, tu déranges la mademoiselle !
L’autre personne qui partageait la calèche leva les yeux au-dessus du livre qu’elle parcourait en silence et esquissa un sourire amusé pour excuser le garçonnet.
_Qu’est-ce qu’on dit ? gronda Vivien en le toisant d’un œil à la fois attendri et agacé.
_…pardon mademoiselle…
_Ce n’est rien, le rassura l’intéressée d’une voix chantante, c’est la première fois que tu viens par ici ?
_Oui ! déclara-t-il avec les yeux pétillants, on va voir la garde royale !
_Ah, la procession…
Vivien dévisagea la jeune femme avec un intérêt difficile à dissimuler : elle était belle. Belle et étrange. Ses traits étaient fins, bien dessinés…bouche purpurine, cheveux clairs remontés en chignon légèrement lâché, trois éclats d’argent à chaque oreille…ses habits étaient à la fois simples et richement cousus. Une dame de belle noblesse mais qui n’en jouait pas : sa grâce naturelle faisait le reste.
« Quel regard… »
Il n’avait jamais vu un tel phénomène de toute sa vie : son œil gauche était aussi bleu que le droit était vert. C’était à la fois fascinant et inquiétant. Un cadeau ou une erreur du ciel ?
_Grand-père, on va voir le roi, tu crois ?
Son petit-fils le sortit de ses pensées et le fit rougir lorsque la demoiselle se mit à sourire comme si elle avait deviné son trouble naissant.
_Je ne sais pas, avoua-t-il, je pense que oui, quand même.
_Tu le verras si tu te places près du carré rouge, déclara gentiment la jeune femme, le roi va s’installer sur une estrade avec toute sa famille. Tu ne pourras pas le manquer, c’est un grand homme couvert d’hermine noire.
_Vous le connaissez ? demanda Titien dans un sursaut.
_Le connaître, non…mais je l’ai déjà croisé, en effet.
Vivien plissa légèrement ses paupières ridées : oh si, elle le connaissait. Quelque fut son identité, cette jeune femme avait sans doute du pouvoir et pouvait côtoyer les plus grands…dans ce cas, se demanda-t-il, que faisait-elle dans cette calèche avec de simples hères ?
_Grand-père, on ira près du carré rouge, hein dis ?
_Ah euh…oui ! Oui, si on peut. Il y aura du monde tu sais, beaucoup de gens veulent voir sa majesté.
_Maiiis c’est pas juste !
_Bien sûr que si c’est juste, gronda Vivien, le roi est là pour tout le monde !
La jeune femme eut un petit rire amusé et ferma doucement son livre enveloppé dans un beau cuir légèrement usé. Elle le glissa dans un petit sac lorsque Vivien comprit qu’ils étaient arrivés.
_Rhabille-toi tu veux ? il fait frais dehors.
Il tendit un manteau à son descendant et le regarda s’habiller avec tendresse, encore malhabile.
La calèche continua d’avancer sur des pavés finement taillés, signe qu’ils étaient maintenant dans l’enceinte de la Citadelle. Les chevaux s’arrêtèrent. Le conducteur bondit du haut de son siège et vint ouvrir la porte.
_Les dames d’abord, Titien.
Le jeune garçon s’arrêta net et recula pour laisser passer la jeune femme qui le remercia d’un sourire. Il en serra sa casquette entre ses doigts, le rouge aux joues. Il la suivit de près puis attendit son papy qui prit du temps de descendre, les reins douloureux.
_Par où on va, grand-père ?
Le petit fut bousculé par un inconnu et retourna près du vieil homme, inquiété par la foule qui battait le trottoir.
Il y avait un tel monde qu’il ne voyait rien d’autre que des genoux. Des centaines et des centaines de genoux qui se battaient pour gagner les meilleures places et voir passer la procession de la garde royale sur les grandes routes de la Citadelle.
_Monsieur ? Par ici !
Vivien serra la main de son petit-fils et leva la tête lorsque leur compagne de voyage leur fit signe. D’abord surpris, il alla la rejoindre, lui-même choqué par le monde environnant.
_Où avez-vous retenu une chambre ?
_A…au Rond d’Or.
_Ce n’est pas loin d’ici. Le mieux pour vous est d’y déposer vos affaires. Il y a beaucoup de voleurs à la tire lors de ce genre d’événement. Venez.
Elle les invita à la suivre. Il s’arrêta net quand ils parvinrent au bord de la route : une magnifique voiture se tenait là avec son chauffeur, un jeune homme d’une vingtaine d’années, en chemise et pantalon, et casquette sur le front.
_Mademoiselle Kalimdor ?
Il sortit du véhicule et interrogea l’intéressée d’un regard intrigué quant à l’étrange couple qui la suivait de près.
_Connaissez-vous le Rond d’Or ? lui demanda-t-elle simplement alors qu’il se saisissait du sac de voyage qu’elle tenait à bout de bras.
_Ouf ! Euh…oui, ce n’est pas loin.
Le garçon fut surpris par le poids plus qu’appuyé du sac et le laissa lourdement tomber sur la banquette arrière.
_Pourriez-vous y amener ce vieil homme et son petit fils ? Je crains que la foule ne les emporte.
_Oh non non mademoiselle, ne vous retardez pas pour nous !
_J’insiste monsieur, déclara-t-elle calmement, je ne serai pas tranquille autrement.
Le chauffeur se gratta le front et finit par hausser les épaules : il était là pour répondre aux demandes de la demoiselle et cette dernière ne semblait pas plus farfelue qu’une autre.
_Le temps de relancer le moteur et je suis à vous ! déclara-t-il en revissant sa casquette sur son crâne.
Vivien déglutit et réveilla son petit fils qui regardait la voiture avec des yeux plus grands que lui, fasciné par la mécanique.
_Tiens-toi bien, souffla-t-il avec humilité en le poussant vers le haut pour qu’il puisse s’asseoir sur la belle banquette de cuir, et tu ne touches à rien, d’accord ?
Le garçonnet ne répondit pas, totalement occupé par son observation du chauffeur qui s’échinait à faire tourner la manivelle.
_Ah !
Un violent bruit métallique fit trembler la carlingue. La jeune femme prit place et laissa le chauffeur se saisir le volant dans un élan à peine dissimulé.
_Alors, le Rond d’Or…hummm…vu que la place est bouclée, on va devoir prendre par le pont. Vous n’avez pas peur de l’eau, j’espère ?
Personne ne répondit. Il changea de vitesse pour s’élancer sur la route. Vivien s’accrocha à la portière, le cœur battant.
_Regardez droit devant vous, lui conseilla gentiment l’inconnue, observez plutôt le paysage.
_D’a…d’accord.
Son petit fils bondit entre les sièges et admira le volant, les manettes et le tableau de bord, tous reluisants de propreté.
_Grand-père, tu crois que j’aurai droit à une voiture moi aussi quand j’serai grand ?!
_Il…il va falloir travailler dur, souffla le vieil homme en gardant les yeux fermés, cela coûte très cher, tu sais !
_Ohhh…
La jeune femme eut un sourire attendri au regard déçu du garçonnet. Mais ce dernier changea bien vite de sentiment lorsque l’eau du fleuve Oublius scintilla sous les reflets encore frais du soleil. Il fit volte-face pour les voir passer sur le grand pont de pierre qui enjambait le lit.
_Grand-père, regarde, les bateaux !
Il pointa les larges voiles amarrées au port, à plusieurs miles de là et se devina déjà marin à leur bord.
_Attention petit, rassis-toi.
Le chauffeur dut ralentir quand des barrages le força à changer de route. La foule était déjà là, pressée dans chaque recoin. Certains protestèrent, d’autres sifflèrent, autant pour le véhicule que pour sa passagère. D’autres encore se dépêchèrent d’avancer, encore effrayés par ces machines au combien bruyantes à côté d’un simple attelage de chevaux.
_Voilààà, le Rond d’Or !
Vivien rouvrit les yeux et calma les battements de son cœur encore secoué par cette petite ballade. Il découvrit une petite auberge reconnaissable à son étendard et sentit qu’ils seraient bien à l’intérieur, à l’abri derrière la belle palissade de bois brun.
_Merci beaucoup…
_De rien. Prenez le temps de vous reposer.
_Le roi, il vient quand ?
_Titien !
Le chauffeur éclata de rire en ouvrant la portière.
_Il ne sera pas là avant quatre bonnes heures, petit, mais ne t’inquiète pas, tu ne pourras pas le louper. Le carré rouge, c’est la meilleure place !
Titien se gratta le nez et sautilla sur le trottoir avec son agilité enfantine. Son grand-père remercia chaleureusement les deux jeunes gens puis regarda l’homme reprendre le volant.
_Faites attention à vous, déclara la demoiselle, et toi, ne t’éloigne jamais de ton grand-père, d’accord ?
_D’accord !
Elle les salua d’un signe de tête et laissa le chauffeur reprendre la route sans attendre davantage. Vivien les suivit du regard puis soupira longuement. La Citadelle lui réservait décidément son lot de surprises.
Commentaires
Hi ^^
J’ai vu les illus de Maïwenn sur son blog (je suis en train de faire une collab avec elle et je suis aussi une sale stalkeuse de blogs XD)
J’ai juste lu le prologue du coup (pas le courage de lire le chapitre 1 -en pleins exams aux USA X_x)
Mais franchement… J’ai une chose à dire : coooooool
Ton roman à l’air captivant. Si jamais il sort, je pense à coup sûr l’acheter.
(faut que je lise le chapitre 1 X____x)
VOilà juste un petit comment d’encouragement, étant scénariste fanzineuse et écrivain amateure moi -même
++
Calliopé
Hello !
C’est très sympa d’être passée par ici
Le livre en question est en cours de remaniement pour faciliter l’impression, vous devriez avoir des nouvelles d’ici quelques temps.
Ravie que cela te plaise ! Prends ton temps, je devais normalement poster la suite mais je vais attendre un peu pour éviter de spoiler ^^
Au plaisir !
Séverine
Ce sont également les illustrations de Maïwenn qui ont attisé ma curiosité, et voilà, j’ai lu le prologue d’une traite.
Chapeau bas! Comme d’habitude, on est immédiatement transporté dans l’univers que tu crées, on se prend de sympathie avec les persos. Tu as vraiment du talent. Et tu sais quoi, mes yeux n’ont trébuché que sur quelques toutes petites fautes: ton style a fait un super bon en avant. Quand l’autre disait à bidule “travaille, travaille sans relâche”, il n’avait pas tort (bon c mieux qd tu sais si c Maupassant ou Balzac mais je sais plus!!!^^)
Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai un premier chapitre à lire moi! ^^
Ça me touche vraiment ce que tu dis là ^^ Je travaille tous les soirs tu le sais. Je me suis risquée à un style plus…soutenu si on peut dire, mais je pense que mes sales manies vont finir par revenir :p Quand je me relis, je vois toujours des choses à modifier.
Maïlis a fait un travail absolument fabuleux en tirant le meilleur des personnages. Sa couverture est tellement belle que je n’ai pas résisté à un portrait des héros.