Sphinx

2e extrait proposé.

Le style ici ? Hum…indéfinissable. Encore une intro jetée sur le clavier sans de réelles constructions.

Bonne lecture !

*******

Sphinx

« Bordel, vous allez me rattraper ce vaisseau oui ! »

« C’est qu’il a un troisième moteur monsieur ! »

« Et alors ?! Le Sphinx est à bord ! Vous entendez ? Le Sphinx est à bord !! »

« Monsieur, il va trop… »

« Je veux ce salopard ! Et ce n’est pas comme si vous aviez le choix ! Ecrasez-moi le champignon !! »

Course poursuite dans le ciel de Solidad.

Deux vaisseaux propulsés entre les ballons-balises sous les yeux éberlués des habitants des quartiers supérieurs. Le premier, contrebandier – arborant le drapeau à tête de chat bien connu des services de sa Majesté – et le second, navire de l’armée, obligé de le poursuivre malgré la distance grandissante qui ne faisait que faire hurler davantage le chef d’escadrille.

Le contrebandier s’engagea dans la seule voie exiguë qui l’emmena jusqu’aux quartiers bas.

« Il s’enfonce dans les Enfumés monsieur ! »

« Bon sang mais chopez-le ! »

Peu à peu, le drapeau à tête de chat disparut dans la brume épaisse qui tapissait les étages les plus profonds de la cité, comme englouti dans une gelée blanche où ne pouvait le suivre le navire aux voiles gravées du sceau royal.

« On l’a perdu monsieur »

« C’est pas vrai !! »

Le contrebandier se stabilisa tranquillement puis reprit sa route, aidé par deux phares surpuissants qui transpercèrent la Brume comme dans un simple brouillard et l’aidèrent à tracer son chemin sous le regard fulminant du chef d’escadrille. Ce dernier jeta son képi contre le cadran de navigation puis manqua de s’arracher le peu de cheveux qui lui restait. Deux ans. Deux ans qu’il courrait après ce pirate de malheur ! Tout un régiment à sa poursuite et ce salopard parvenait encore à s’échapper au nez et à la barbe de toute une rangée de canons braqués droit sur lui !

- Le ministre va me tuer…

 * * *

 Journée ordinaire à Soledad. Piaillement d’oiseaux, ciel clair, nuages rares, fleurs embaumantes…

Arturus ouvrit les yeux, gisant sur son lit princier. Il n’avait pas envie de bouger. Pas envie de se lever. Qu’allait-il faire de sa journée ? S’habiller, se coiffer ? Enfin être habillé, être coiffé, être amené jusqu’à la salle du trône où il écouterait les doléances faites à son père en cette belle matinée jusqu’à ce que ce dernier en ait assez et le laisser à ses occupations de prince héritier. Autant dire, être baigner dans un ennui mortel jusqu’au diner du soir où il reviendrait exactement au même endroit, dans ce même lit, sous ce même plafond…à quoi servait-il ?

- C’est un scandale ! Tout un régiment mis en échec par un vulgaire pirate ! Des mois de poursuite, de préparations, de moyens mis à disposition du caporal, et tout ça pour quoi ? Pour RIEN ! Je demande des têtes votre Majesté !

- Doucement Chester.

- Le Sphinx s’est encore enfui Sire ! Après avoir volé deux bacs de livraisons des quartiers supérieurs !

- De la nourriture ?

- Des wagons entiers ! Ce rat est un voleur ! Il doit être châtié comme il se doit !

- Faut-il encore que vous parveniez à le rattraper. Son vaisseau est extraordinairement rapide à ce qu’on dit.

- Diablement rapide votre majesté.

- Hum…

Icarus, roi des hauts et bas quartiers, esquissa un sourire sous le regard furieux de son conseil tout entier. Cette histoire de pirate intrépide l’amusait beaucoup. Il avait bien d’autres soucis en tête, comme le budget, les moissons, les luttes de gang qui s’affrontaient sans cesse pour gagner quelques paliers…son fils qui se morfondait de jour en jour. Dix-neuf ans et il avait le regard d’un vieillard. Il n’écoutait rien, assis à sa droite, les yeux vides, fixés sur les colonnes qui ouvraient la salle sur le beau ciel bleu. A son âge, Icarus virevoltait déjà avec la reine Cara et rêvait d’un avenir radieux. Mais la reine n’était plus là et son fils unique se laissait porter par la houle, impuissant.

- Continuez à le pourchasser. Nos concitoyens ne peuvent pas garder confiance en notre justice si nous laissons un voleur faire la loi dans notre quartier. Un blâme pour notre caporal. Changement d’équipe et recrutement. Je veux un excellent timonier pour guider notre armée à la poursuite du Sphinx ! Cherchez le meilleur. Quitte à sortir des bancs de notre armée.

- Votre Majesté !

- C’est un ordre Chester. Si aucun de nos soldats n’est capable d’attraper un vulgaire voleur, alors nous chercherons ailleurs !

- B…bien. Comme vous voudrez.

- C’est ce que je veux oui. Madax, la finance. Quant est-il du budget alloué aux fêtes du printemps ?

Arturus sortit de ses pensées quand un vaisseau passa lentement devant les arcades de pierre. Il avait envie de voler. S’évader. S’arracher de cette terre qui lui donnait envie de vomir…

 

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